Dessins de Stuart Immonen
Parution aux USA le mercredi 11 mars 2015
Depuis quelques numéros, Rick Remender égraine son histoire de flashbacks qui éclairent le passé familial de Sam Wilson. Si bien avec une scène colorisée de manière différente, je m’attendais à ce que l’on nous serve quelque chose de cet ordre. Il n’en est rien. Le scénariste choisit au contraire de faire un pied de nez à certains « critiques » de l’actuel Captain America et aux raisons qui ont poussé Sam Wilson dans ce rôle. C’est savoureux comme commentaire et dénonciation d’un racisme (au moins) passif. Mais globalement c’est tout l’épisode qui sonne comme le signal jouissif d’une reprise, le moment où Zemo doit « payer » et où l’ex-Falcon doit montrer de quel bois il est fait. C’est le retour de manivelle, l’esprit d’équipe forgé dans la bataille et les moments marquants se succèdent les uns après les autres, d’autant qu’ils sont mis en images par Immonen. Pour prendre un exemple que certains comprendront bien, c’est un peu comme si, dans Game of Thrones, Oberyn Martell se relevait finalement pour mettre la pâtée à la « Montagne ». Peut-être que le Bien peut l’emporter aussi dans le monde de Sam. Ou peut-être pas. Même à la fin, on n’est pas certain de ce qui se passe…
Il y a de l’humour et de l’action dans l’écriture de Rick Remender mais aussi un sens de la fatalité. Dans ce sens, il écrit le nouveau Captain America un peu comme il conçoit l’héroïne centrale de Low (chez Image Comics). Là où l’optimisme de Steve Rogers fonctionnait comme un rouleau compresseur, celui de Sam est comme une cordelette de survie à laquelle il s’accroche de façon désespérée. Rogers est le plus souvent convaincu que le Bien l’emportera. Wilson, avec la pression de la succession et l’impression d’avoir déjà torché le « job », n’a pas ce confort. Il est plus fébrile et on s’identifie plus à lui. À plus forte raison quand, d’une certaine manière, il troque un sacrifice pour un autre, quand chaque bonne nouvelle semble cacher un autre train, plus funeste. La conclusion de l’épisode en fera peut-être rire certains. Mais au niveau du symbolisme, c’est peut-être là que Sam perd véritablement son équivalent de Bucky.
[Xavier Fournier]
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