Le sort des X-Men et de tous les mutants a été réinventé dans House of X et Power of X. Mais après le démarrage de la nouvelle série centrale X-Men la semaine dernière, voici un autre dérivé nouveau : une équipe dirigée par Katherine Pryde, dont la particularité est de ne pas trouver sa place dans l’île de Krakoa. Les Marauders s’imposent comme un moyen de voir ce qu’il advient des mutants à travers le monde.

Marauders #1Marauders #1 (Marvel Comics)
Scénario de Gerry Duggan
Dessin de Matteo Lolli
Parution aux USA le mercredi 23 octobre 2019

On l’écrivait la semaine dernière, dans la nouvelle direction mutante de Jonathan Hickman il y a peu de place pour les individualités et les personnalités, tout s’organisant dans une suite de diagrammes. Si les Marauders prennent comme base de départ cette nouvelle donne, Gerry Duggan joue beaucoup moins avec les ellipses et sur le sentiment qu’une partie des protagonistes ont changé de comportement du jour au lendemain. Au contraire Marauders commence alors qu’il y a des mutants à convaincre de rejoindre et le scénariste laisse s’exprimer les « voix » distinctives des protagonistes. Même si Wolverine ne fait qu’une brève apparition, voici quelques mois qu’il n’avait pas parlé de manière si « authentique ». Gerry Duggan est un peu plus fébrile sur l’écriture de Kitty, qui semble ici un brin plus destroy que d’habitude. Mais globalement voici une série qui a du caractère. L’auteur nous montre aussi un élément important, qui change un peu la donne du plan soigneusement lissé de Charles Xavier (à moins que cela n’en soit une autre couche) : tous les mutants ne sont pas forcément les bienvenus au paradis des X-Men. Pour certains d’entre eux l’accès est plus compliqué. Mieux : Duggan explique que les privations liées à cette nouvelle société, à ces nouvelles technologies, font qu’une partie des personnages ne s’y sentent pas forcément à l’aise. Si bien qu’une « Ã©quipe extérieure » prend graduellement forme et sert la cause du « X » d’une autre manière.

« I wanna fight some aggro humans! »

Matteo Lolli dessine tout cela de manière plaisante, en prenant soin que les différents personnages aient tous une stature spécifique, une expression. On sent bien que des choses restent encore à trouver (en particulier avec Pyro, qui cherche encore un peu sa place et dont le caractère reste à modeler). L’artiste est aussi un peu écrasé par la mise en couleur sur certaines pages. Il y a clairement un côté un peu baroque à imaginer une équipe de contrebandiers/corsaires mutants mais Duggan et Lolli se démènent assez bien pour arriver à une situation autonome et relativement justifiée (même si cette histoire de « porte fermée » demandera à être mieux explorée dans les mois à venir). « Marauders » n’a pas de X dans son titre. Ce n’est sans doute pas le nom le plus commercial de la gamme mutante réformée. Mais ces débuts sont sympathiques et on a envie d’en voir plus pour confirmer cette impression.

[Xavier Fournier]