La nouvelle existence d’Aric sur la planète Gorin mais sans l’armure le pousse à la guerre alors qu’il n’aspire qu’à la tranquillité. Cinquième numéro d’un tournant pour ce concept, quelque part entre Planet Hulk et Avatar. Mais l’armure n’a littéralement pas dit son dernier mot. Aric le guerrier va devoir choisir son camp.

X-O Manowar #5 [Valiant]
Scénario de Matt Kindt
Dessins de Doug Braithwaite
Parution aux USA le mercredi 26 juillet 2017

On en avait parlé ICI il y a déjà plusieurs mois, alors Matt Kindt changeait totalement le monde d’Aric. Délaissant la Terre, il s’est trouvé une nouvelle compagne sur une autre planète, n’aspirant qu’à une vie paysanne et paisible. Il méprise d’ailleurs son armure, dont il ne veut plus entendre parler. Mais il a bien mal calculé son coup puisque la planète en question, Gorin, est déchirée par une guerre entre trois royaumes, guerre pour laquelle l’Empire a réquisitionné même les paysans. Convaincus qu’Aric n’est qu’un frêle handicapé, les officiers l’envoient au front convaincu qu’il ne passera pas la journée… sans réaliser que c’est un guerrier expérimenté. Rapidement, Aric va donc gravir les échelons. On comprend que Matt Kindt veut établir la valeur et la dangerosité du héros même sans l’armure. C’est finalement une logique similaire à celle de Jeff Lemire quand il avait relancé Bloodshot. Par contre, malgré cette bonne intention, ce renouveau d’X-O Manowar souffre par endroits du fait que les militaires qui entourent Aric sont un brin stéréotypés. Tous sont des lâches, des pleutres qui veulent la mort du héros sans risquer leur propre vie. D’accord, mais cela fait vite redite prévisible. Dès qu’Aric entre en contact avec un nouveau « gradé », on devine sans effort la séquence d’événements qui l’attendent.

« Oh, I am well aware of my place. »

Cette caractéristique fait que les épisodes 2 à 4 donnaient l’impression de se lire assez vite, comme s’ils ne contenaient que l’équivalent d’une douzaine de pages. L’avantage de la formule est que, clairement, les dessinateurs de la série (cette fois Doug Braithwaite) ont de la place pour s’étendre et donner une ambiance épique. Mais quand même, on a pu avoir ces derniers temps l’impression de lire une série pensée avant tout pour la lecture en TPB. C’est différent cette fois car on change plusieurs fois de lieu (ne serait-ce que le fait qu’Aric retourne voir deux fois sa compagne en l’espace d’un seul épisode) et l’impression est plus compacte. D’autant que la fin du numéro donne l’impression qu’on peut passer un autre niveau. C’est absolument superbe mais il faudrait que Kindt fasse un effort conscient pour densifier son récit.

[Xavier Fournier]