Ce qui reste des Uncanny Avengers s’est rendu au Japon pour tenter d’arrêter la résurrection d’un héros récemment disparu et sa récupération dans les rangs de la Main. Devinez quoi ? Ils sont arrivés trop tard et ils doivent alors affronter celui qu’ils auraient voulu sauver. Gerry Duggan rebondit ainsi sur les événements de Civil War 2 avec une certaine ambition. Mais son récit est un peu comme la créature ranimée par la Main et manque d’âme.

Uncanny Avengers #17 [Marvel Comics]
Scénario de Gerry Duggan
Dessins de Pepe Larraz
Parution aux USA le mercredi 14 décembre 2016

Gerry Duggan est un scénariste talentueux mais, disons-le, avec Uncanny Avengers, il semble se heurter à certains obstacles. A commencer par le fait que son groupe n’est pas un groupe, n’a pas spécialement d’alchimie et se borne à Deadpool, Rogue et Cable ainsi que quelques personnages gravitant autour sans que les choses accrochent. Si bien que lorsqu’Elektra débarque dans la saga actuelle, on a plus l’impression de lire quelque chose écrit pour l’antique série Secret Defenders (où les personnages étaient réunis selon un procédé de roulette russe) que pour les Avengers. Duggan sait rebondir sur ce que d’autres écrivent et sur les pistes restées inexplorées. Le fait qu’il ramène Ultron il y a quelques temps l’avait démontré… Mais dans le même temps on avait perçu que s’il savait poser une problématique pour les Uncanny Avengers, il avait des difficultés à la refermer autrement que par un retour à la situation d’origine. Cette fois-ci encore, l’idée que la Main récupère un atout de poids est une bonne idée… qui débouche sur une pirouette. On se demande aussi, avec tous les morts récents, pourquoi la Main se contenterait de voler un seul corps pour le ranimer alors qu’il y presque une armée à réunir. Le problème c’est que Duggan étale ses objectifs puis, à un moment, commence à ranger sagement ses jouets. Du coup, on ne sait trop si l’on doit se réjouir du fait que la prochaine saga semble promettre de s’attaquer à la raison pour laquelle les Uncanny Avengers ont été formés, à l’époque de Rick Remender. Est-ce que Gerry Duggan saura s’attaquer à cette mission. Ce serait du Deadpool on dirait oui, là, ce n’est pas gagné d’avance.

« You made a powerful enemy this day. »

A n’en pas douter, c’est sur les épaules du dessinateur Pepe Larraz que l’épisode repose. S’il doit faire avec quelques costumes assez hideux introduits au début du présent volume (Synapse, Quicksilver, Human Torch…), Larraz traite de manière énergique les combats, animant ainsi un épisode qui, autrement, s’égarerait sans doute tant l’histoire, malgré un danger théorique, n’arrive à véhiculer par elle-même une impression de tension pour les héros. On regrettera juste que le scénario ne permette pas à Larraz de vraiment jouer avec l’univers graphique associé à la Main et à Elektra (Assassin). Les choses pourraient être un brin plus « psychédéliques ». Ne croyez pas, non plus, la couverture qui donne l’impression d’un épisode centré sur les héroïnes, ce n’est pas le reflet du contenu. Finalement ce volume d’Uncanny Avengers laisse encore et toujours une impression de « peut mieux faire ». Un résultat pas affreux mais pas captivant pour autant. Et c’est dommage, parce qu’à la base il y a de l’idée.

[Xavier Fournier]