Après l’arrivée remarquée de Jessica Jones sur l’écran de Netflix l’an dernier, il semblait évident que le retour de l’héroïne dans un comic-book à son nom n’était qu’une question de temps. Brian Bendis et Michael Gaydos, les deux créateurs du personnage, la retrouvent. Mais après avoir séjourné plusieurs années dans les rangs des Avengers et avoir épousé Luke Cage, Jessica Jones est-elle toujours elle même ? Oui, et à un point où cela en est surprenant.

Avant-Première VO: Review Jessica Jones #1Jessica Jones #1 [Marvel Comics]
Scénario de Brian Michael Bendis
Dessins de Michael Gaydos
Parution aux USA le mercredi 5 octobre 2016

Ramener Jessica Jones. C’était une question de temps, après une première série Alias, puis The Pulse où elle était en couple avec Cage. Il fallait comme une trilogie, comme une étape qui raconterait l’après. Certes le couple Jones/Cage a bien vécu dans les pages des New Avengers mais le spotlight n’était pas forcément sur eux. Au moment de revenir vers une série solo de Jessica, Bendis et Gaydos se devaient donc de répondre à certaines exigences : comment concilier l’évolution du personnage, moins cynique ces dernières années, et tout ce qu’un certain public, qui l’a découvert à la TV, connait d’elle. La réponse est naturelle, élégante et s’appuie sur une ellipse. Un certain temps s’est écoulé depuis que nous avons vu la détective, et certaines de ses sales habitudes ont refait surface. On ne sait d’ailleurs pas tout, les tenants et les aboutissants manquent… Mais Jessica est revenue vers son caractère naturel, avec un mystère qui court sur tout l’épisode et qui agite ses ex-collègues et amis.

« You hear that, fancy lady ? You’re a free woman ? »

Certains trouveront peut-être que c’est un retour en arrière. Mais dans le même temps Jessica retrouve cette capacité à observer l’univers Marvel depuis le bas-côté. La référence à Civil War II, par exemple, est minimaliste et bienvenue. Vous pensiez Jess rangée des voitures, intégrée chez les super-héros, sauvée du cynisme et du désespoir ? Oh que non. Quand vous la laissez en solo, le parfum de la gueule de bois revient au galop. Dans son sillage, il y a aussi ses relations atypiques avec le reste de sa « profession », ses coups de téléphone à « Carol », sa rivalité avec une autre « Jessica » et enfin quelqu’un à qui elle semble devoir quelques explications, c’est le moins qu’on puisse dire. D’emblée, la série Jessica Jones retrouve toutes les qualités qu’avait Alias, cette sorte de doigt d’honneur au formalisme super-héroïque. Jessica Jones n’est pas une super-princesse mais une détective ratée qui a le chic pour tomber sur les petits ragots de l’univers. Clairement, les affaires reprennent !

[Xavier Fournier]