[FRENCH] Le mois dernier un fiancé potentiel faisait son apparition dans la vie de la plantureuse Power Girl. Enfin lui, comme beaucoup d’autres, se voyait déjà fiancé. La belle blonde, elle, n’est pas du genre à se laisser emballer au premier rendez-vous. A moins que ?

Power Girl #8 [DC Comics] Scénario de Justin Gray & Jimmy Palmiotti
Dessin de Amanda Conner
Sortie aux USA le mercredi 20 janvier 2010

Le fait que la série Power Girl soit égarée quelque part dans les méandres du Top 300 des ventes américaines reste pour moi un mystère insondable. D’emblée, j’en vois bien quelques-uns qui rigolent dans le fond : Oui, la jeune femme est blonde et chacune des couvertures ne manque pas de mettre en évidence ses attributs mammaires (je ne suis pas sûr qu’on l’ait déjà vu de dos sur une cover de ses aventures ou de sa série-mère Justice Society of America) mais évitons les gags de potaches pour nous concentrer sur l’essentiel. En dehors de Wonder Woman, Power Girl est sans doute l’héroïne solo la plus marquante de DC de ces dernières décennies mais aussi la plus caractérisée. Alors que Wonder Woman est une déesse à la pureté parfois fadasse (et ne nous y trompons pas: ses couvertures aussi mettent en évidence sa capacité thoracique), Power Girl, elle, s’assume pour ce qu’elle est tout en ne projetant pas une image de princesse intouchable. Ce qui fait qu’en face, inversement, les personnages mâles qui la croisent ont également plus de facilité à assumer le désir qu’elle leur inspire. Ce n’est pas en une fin en soi mais c’est une caractéristique du personnage et de sa série qui fait qu’on nous épargne les clichés souvent coincés des comics en termes d’amourette pour se servir de l’appétit sexuel (ou à l’inverse du désir insatisfait) comme ressort scénaristique. Et ça, Justin Gray et Jimmy Palmiotti l’ont bien compris.

Si une démonstration était nécessaire, il ne faudrait pas chercher plus loin que cet excellent Power Girl #8 à la fois mignon (Amanda Conner est tout simplement en grande forme), déluré et hilarant : Un extra-terrestre court après « PG » bien décidé à se servir d’elle pour repeupler sa planète. L’ennui c’est que le personnage en question, un alien qui avait croisé Superman dans les années 70, se traîne une allure ringarde (calquée sur Sean Connery dans le film Zardoz). Autant dire que c’est précisément le genre d’histoire qu’on n’imagine pas fonctionner de la même façon avec une Wonder Woman. Là, quand de guerre lasse Power Girl finit par se résoudre à un rencart (et un seul) avec ce machoique, on touche au ssssssummumn tout cas à quelque chose qui, scénaristiquement, tient à la fois des grandes heures de la Justice League International ou de « Sally Forth » de Wally Wood. Sans doute que certains passent à côté de cette excellente série en se disant qu’après tout ce n’est qu’une histoire de blonde à gros seins mais loin des exploits au premier degré d’une super-bimbo, Power Girl est un titre drôle qui ces temps-ci n’est hélàs pas assez remarqué à sa juste mesure, surtout à l’heure où certains lecteurs se plaignent que les comics modernes sont trop morbides. Celui-là ne l’est pas, il est « funny » à souhait (en particulier sur l’arc Power Girl #7-8, où l’équipe s’est surpassée)… Ce serait dommage de s’en priver !

[Xavier Fournier]