[FRENCH] Le deuxième numéro de Nation-X permet de retrouver une suite assez variée de mutants mais aussi d’auteurs. Si côté héros Jubilee, Gambit et quelques autres assurent l’affiche, Mike Choi, Becky Cloonan, Tim Fish et David Lopez nous proposent une belle brochette de style. Mais en termes d’histoire ce numéro est-il plus nécessaire que le tout venant des anthologies mutantes ? Oui. Et c’est même une bonne surprise.

Nation-X #2 [Marvel] Scénario de CB Cebulski, Jim McCann, John Barber, Tim Fish, Becky Cloonan
Dessin de Mike Choi, David Lopez, Tim Fish, Becky Cloonan
Sortie aux USA le mercredi 13 janvier 2010

Je pense que nous avons déjà assez évoqué le problème de ces miniséries anthologiques héritières de X-Men Unlimited qui nous proposent depuis quelques années des histoires interchangeables avec de jeunes mutants en mode « emo ». C’était encore le cas pour Nation-X #1. Et franchement ce deuxième numéro commençait un peu sur le même ton, avec une histoire qui tout en étant annoncée comme le retour de Jubilee ne change pas grand-chose au final. L’ex-sidekick de Wolverine discute avec quelques mutants. Sorti de là le segment tient surtout grâce aux dessins de Choi et aux couleurs de Sonia Oback. Et puis la différence arrive avec la deuxième histoire qui est consacrée, elle, à Martha (le cerveau télépathe conservé dans un bol), produite par le combo Barber/Lopez. Sans renier son style, David Lopez arrive à rester fidèle à l’âme de certains mutants créés en leurs temps par Frank Quitely et les reprendre ainsi n’est pas donné à tout le monde. On ne voit plus vraiment Martha dans les Uncanny X-Men du moment et l’étrangeté du personnage fait que si le récit n’amène pas un changement tonitruant, le tout est totalement atypique. Et réussi !

On voit un peu plus Northstar que Martha dans les titres du moment mais finalement guère plus. Et sa vie privée n’est pas réellement mentionnée. Tim Fish nous montre ici que le problème de Jean-Paul Beaubier n’est pas de se faire accepter comme homosexuel mais plutôt de faire exister ce qui pourrait être définit comme un couple écartelé entre deux pays. Pas facile de faire durer une relation entre le Canada et Utopia. Sur le fond l’histoire n’est pas désagréable mais ce qui surprend un peu c’est la narration assez hyperactive. J’imagine aussi que pour des lecteurs habitués au tout venant des séries X-Men le style de Fish, plus indé, peut surprendre ou tout au moins demander un délai pour qu’on s’y fasse. Personnellement je n’ai pas crains. Et puis c’est une manière finalement assez rare de voir la vie sociale du mutant canadien. Quand à Becky Cloonan elle termine le numéro avec un récit de Gambit qui n’est pas ultra-complexe, c’est certain, mais qui n’est pas aussi naïf qu’on pourrait le croire au premier degré. Le cajun y confronte un peu la notion de responsabilité et de regrets. Ce qui n’est pas peu pour un ex-Marauder. Un point fort pour Cloonan: son style, pas assez vu dans ce genre de contexte, impose une ambiance à l’histoire et j’en reprendrais bien une louchée à l’occasion de futurs spéciaux du même genre. Avec un éventail si varié, les réactions peuvent être diverses selon tel ou tel style mais pour ma part cela faisait longtemps qu’une anthologie « mutante » de ce type n’avait pas été une si agréable surprise !

[Xavier Fournier]