[FRENCH] Dans le milieu des années 50 quelque chose d’horrible s’est produit. Quelque chose dont les répercussions se font sentir dans le présent de la série. Brubaker et Phillips donnent ici une conclusion à la première phase de Fatale. Une soirée déterminante où tout foire autour d’un trio classique (le bon, la belle et le flic véreux) sur fond de sacrifice satanique. Le sentiment d’un virage…

Fatale #5 [Image] Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Sean Phillips
Sorti aux USA le mercredi 9 mai 2012

Jo est la femme fatale. Cette icone séductrice, ce véritable trou noir, centre de gravité qui attire les autres dans son sillage. Dans des termes moins aériens, disons que Jo est un véritable aimant à emmerdes, pourchassée depuis des années par le démoniaque Bishop et son culte. Mais cette femme, peut-être immortelle, peut leur échapper depuis des décennies car elle a toujours pu compter sur un partenaire. A moins, bien sur, que celui-ci, ce soir, se retourne contre elle. Une fois encore Brubaker prouve à quel point ce titre joue sur les archétypes des romans et des films noirs. Joli minois qu’il n’aurait pas fallu suivre. Gros type bourru au bout du rouleau, capable de tout… Et héros certes un peu trimballé, dans un rôle de spectateur. Et puis cette soirée où tout s’accélère…

On a clairement la sensation de trouver ici des éléments importants du puzzle et les fondations à partir desquelles l’histoire va à nouveau pouvoir progresser dans le présent. Aux dessins Sean Phillips a peut-être été un peu plus pressé par les délais. On sent que certains décors sont à la fois plus esquissés, laissés dans l’état, tout en se faisant plus durs. Ou peut-être s’agit-il d’un parti pris pour souligner encore plus l’étrangeté de cette nuit infernale. Le résultat, en tout cas, est diablement efficace. On a l’impression de passer un cap dans la série, arrivé, si j’ai bien compris, à peu près au tiers de l’histoire. Les choses avancents mais Fatale ne déçoit toujours pas. Bien au contraire !

[Xavier Fournier]