Les X-Men sont au grand complet mais ils sont aussi aux abois. Deux des leurs ont été tués dans l’épisode précédent, un troisième est manquant à l’appel et ils en sont encore à tisser des théories sur l’identité et les motifs des attaquants. Ce deuxième numéro va cependant leur réserver d’autres surprises… et pas forcément une reprise en main de la situation.

Extermination #2Extermination #2 [Marvel Comics]
Scénario d’Ed Brisson
Dessins de Pepe Larraz
Parution aux USA le mercredi 29 août 2018

Avec Extermination, Ed Brisson a frappé fort dès le premier numéro. Tant est si bien que les lecteurs en savent (un peu) plus que les héros sur ce qui se passe. Pour ce deuxième épisode, il convient donc, en gros, d’amener les héros au même niveau de connaissance. Comme on sait le faire chez les X-Men, il y a donc conseil de guerre pour échanger les informations et prendre des décisions. Et comme on sait également le faire chez les X-Men, tout le monde n’est pas forcément d’accord avec les décisions en question, les plus jeunes reprochant aux plus vieux de se reprocher de manière condescendante. Par la force des choses ce deuxième chapitre est moins meurtrier mais dans le même temps traumatique pour les mutants. D’autant qu’après avoir clairement démontré sa volonté de « faire le ménage » en se débarrassant de quelques personnages (en particulier ceux associés à des réalités alternatives), on se prend à surveiller ceux qui correspondent à ce profil. Ed Brisson, par exemple, ne se précipite pas pour mettre en avant la Jean Grey adulte, bien qu’elle soit récemment revenue d’entre les morts. Mais il « place » Rachel Grey-Summers dans un rôle un peu plus actif. Bien qu’elle ait été présente ces derniers temps dans les X-Men Gold, Rachel a en effet en général la fâcheuse habitude de passer au second plan dès qu’il y a l’une des différentes Jean Grey dans les parages. Là, elle fait au contraire preuve de caractère. Ce qui peut être un bon ou un mauvais présage, selon qu’Ed Brisson ait décidé ou pas de lui donner une dernière chance de briller avant, peut-être, de s’en débarrasser. Avec ce que fait Cable à l’un de ses prisonniers, on commence aussi à voir ce qu’il veut faire (sans doute restituer les captifs à leur état d’origine, avant de les renvoyer d’où ils viennent). Le personnage utilisé au tout début (en train de faire ses courses), qui fait aussi, en un sens, partie de la première génération de X-Men, joue sans doute un rôle dans cette équation (un peu comme un donneur d’organes ?).

« Your services are required. »

Si ce n’est que Pepe Larraz semble dessiner une Kitty Pryde qui a pris dix ans de plus par rapport aux épisodes récents, il livre des dessins bien pensés et complexes. C’est à dire qu’il ne se « contente » pas de représenter les X-Men dans une sorte de cube symbolisant une pièce. Non, si certains des dessinateurs actuels sont allergiques aux décors, Larraz fait tout un travail sur le contexte. Quand Cyclops et Jean se causent, c’est un couché de soleil. Et quand, plus tard, ledit Cyclops s’enfuit sur la pelouse de l’académie X, on a droit à une pluie nocturne. Même si pour le coup la colorisation s’occupe d’une grande partie des effets, l’initiative de Larraz, ses choix pour placer l’action, le souci du détail qui fait qu’on prend soin de placer un banc dans un coin, tout cela fait qu’on est loin au-dessus d’un service minimum. La dernière scène est sans doute un peu plus chaotique mais c’est aussi l’ambiance, le fait que les X-Men soient pris par surprise, qui justifie cela. Avec les personnages désormais « up-to-date » et quelques touches bien pensées (comme la reformation d’X-Force en mode « vengeons l’un des nôtres »), Extermination #2 propose son lot d’action et semble promettre pour la suite de la série des retombées plus étendues que le « seul » sort des X-Men originaux.

[Xavier Fournier]