[FRENCH] L’adaptation en comic-book du roman de Philip K. Dick poursuit son cours en abordant un des tournants de l’œuvre originale : l’interrogatoire de Luba Luft, le troisième androïde dépisté par Rick Deckard… Un lot de scènes pas forcément évident à mettre en images. Et pourtant…

Do Androids Dream Of Electric Sheep? #8 [Boom!] Scénario de Philip K. Dick
Dessin de Tony Parker
Sortie aux USA le mercredi 27 janvier 2010

Tony Parker continue son adaptation à la virgule près de « Est-ce que les androïdes rêvent de moutons électriques ». Au premier abord, certains pourraient penser que ce travail est facile en termes de narration, qu’il suffit de prendre le livre et de dessiner les scènes les unes après les autres sans se poser plus de question. La difficulté étant que dans le matériel d’origine Philip K. Dick passait beaucoup par le monologue intérieur, là où les comics préfèrent en général les dialogues et l’action. Comment, dans ces conditions, faire passer ce qui se passe dans la tête du chasseur de primes Rick Deckard alors que, dans toute la première partie de l’épisode, il est assis à écouter un air d’opéra ? Non, décidément la chose n’a rien de facile, surtout quand elle véhicule des nuances qui sont importantes à la compréhension de l’œuvre dans son ensemble. Et bien Parker s’en tire au contraire très bien (même si je reste convaincu qu’une autre forme de mise en couleurs aurait été plus appropriée).

Alors que le film Blade Runner (pour ceux qui n’auraient pas suivi, c’est là aussi une adaptation du bouquin de P.K. Dick) vient de repasser sur la TV française et qu’il est de toute manière disponible dans une armada de coffrets collector avec des montages différents, il est assez croustillant de comparer les deux versions. Parker est resté fidèle au texte et l’androïde reste chanteuse d’un opéra de Mozart (donnant lieu à toute une réflexion sur la trace laissée et, à travers elle, l’immortalité) alors quand le film elle est strip-teaseuse… Si tout n’est pas parfait dans la maxi-série de Boom! j’ai cependant rarement vu une adaptation si fidèle à un roman et à l’esprit du créateur. Néanmoins vu le prix au fascicule il est vrai qu’on attend avec impatience une sorte d’omnibus qui, idéalement, pourrait regrouper l’intégrale après la fin de la maxi-série…

[Xavier Fournier]