xmen209.jpg[FRENCH] Charles Xavier est officiellement mort mais personne n’y croit, que ce soient les lecteurs (on parle des X-Men, on nous la fait plus depuis les 80’s!) ou même les personnages (vous l’avez vu, vous, la scène d’enterrement du Prof X). Et dans l’ombre les Acolytes travaillent sur son corps avec un résultat assez prévisible. Non, la question n’est pas de savoir si le Prof va vivre mais bien ce que Mike Carey compte faire à partir de là.

X-Men Legacy #209 [Marvel] Sortie américaine le 26/03/2008
Scénario de Mike Carey & Billy Tan.
Dessins de Scot Eaton

On vous l’a déjà dit dans les chroniques précédentes, depuis Messiah Complex, les X-Men sont partis dans un trip « revival des 90’s » assez marqué. Et vas-y que je te relance des ongoings consacrées à X-Force et Cable… Et vas-y que je te ramène des menaces type Acolytes ou Marauders… Et vas-y que je te laisse le Prof X mourant sur une sorte de table d’opération. Bref, il y a quand même comme un air de déjà vu là dedans et il est par moment difficile de savoir ce qui vient de Mike Carey ou ce qui est tout simplement emprunté à un comic-book vieux de 16 ans.

Maintenant, n’allez pas croire que je dise qu’il n’y a là rien d’original. Les Acolytes, par exemple, Carey les écrit particulièrement bien. Là où dans les années 90 ce n’étaient que les très interchangeables soldats de Magneto et d’Exodus, utilisant tout au plus leurs noms civils pour se distinguer des autres équipes de bad guys, ils ont plus de relief sous la patte de ce scénariste. Exodus semblait obéir ou en vouloir à Magneto de manière pas toujours cohérente mais là, Carey lui donne une démarche assez cohérente. La cause d’Exodus ce sont les vrais mutants, pas les humains. Et la question est de savoir où se placent les ex-mutants qui n’ont plus de pouvoirs depuis House of M & Decimation. Là, donc, les rapports Exodus/Erik Lensherr sont plus cohérents. On sent également la volonté de Carey d’établir une sorte de culture des Acolytes, assez dans la lignée de ce qui avait été vu dans les premiers Ultimate X-Men de Mark Millar. Si on pouvait se demander pourquoi des Acolytes comme Frenzy faisaient parfois usage de leur nom civil et parfois pas, la chose est là aussi explorée. Bon, je vois d’ici un ou deux épisodes que ça contredit (et par exemple où est le nom de code d’Amelia si on y va par là) mais au bout du compte c’est quand même mieux de trouver un sens culturel à tout çà. Sur ce plan Carey s’en tire bien mieux que tous ces scénaristes qui se sont contentés de rajouter « gene-joke » dans les dialogues.

Reste le gros morceau de l’épisode, à savoir si Charles Xavier va rester un légume où s’il va retrouver toute sa santé et ses aptitudes. Ah ah ah. Non vraiment, qui pourrait bien trembler de peur en pensant à l’alternative. Ce n’est pas ça l’intéressant. La petite graine d’intérêt est plutôt plantée dans les rapports Charles/Erik mais là aussi on a déjà un peu vu ça. On sent que Mike Carey vise à une confrontation entre ces deux soldats/pôles philosophiques qui n’ont plus lieu d’être. Je fais confiance au scribe du Lucifer de Vertigo pour nous camper à terme un Magneto bien plus intéressant que ça. La chose étant que pour l’instant il est bien obligé de mettre en place ses pions. J’ai donc l’impression que Carey est en route pour (idéalement) une situation nouvelle mais que pour l’instant il dégage ses personnages de l’après Messiah Complex. Ca sent donc, oui, les années 90, mais il ne faudra sans doute juger cet arc qu’une fois intégralement publié, quand on verra ce que Carey veut faire de tout ça. En gros, ces épisodes semblent être un chemin que tout le monde (personnages, auteurs, lecteurs) est obligé de prendre pour se rendre à un point où, peut-être, tout ça prendra plus de personnalité…

[Xavier Fournier]