[FRENCH] Dans l’espace on ne vous entendra pas… tourner les pages. Selon une formule au début assez convenue, une équipe d’astronautes triés sur le volet s’entraîne pour piloter une navette jusqu’à un astéroïde qui approche de la Terre. Passé quelques pages qui évoquent furieusement le film Armageddon (Aïe!) ce comic-book publié par Spacedog (via Image) trouve sa personnalité (Ouf!). Le dessinateur Jason Badower semble en tout cas prometteur et donne son ton à la série.

Broken Trinity #2 [Spacedog] Scénario : Alex Zamm
Dessins : Jason Badower
Sortie aux USA : le 17 septembre 2008

Atom Weaver est un scientifique qui déteste voler. Pas « voler » comme s’emparer de quelque chose qui appartient à son prochain mais bien s’envoler. L’avion et tout ça, ce n’est pas sa tasse de thé. Et pourtant quand le récit commence, il est sanglé sur le siège d’une navette spatiale, ayant tout le loisir de s’être porté volontaire 17 mois plus tôt. Alors que fait-il là ? Simple : pendant une réunion de crise où il était question d’un astéroïde qui va passer dans le voisinage de la Terre, il a eu l’idée de proposer qu’on récupère les matières premières contenues dans ce corps étranger. De quoi mettre fin à la crise de l’énergie sur Terre pendant plusieurs siècles. Problème: toutes les nations pourvues d’un programme spatial ont la même idée. Il faut être les premiers pour pouvoir revendiquer ce trésor cosmique. Du coup les USA mettent les bouchées doubles et enrôlent Weaver au sein de la future équipe qui dirigera la navette américaine.

On a droit à tous les passages imposés du genre (comme l’instructeur façon « boot camp » qui leur crie dans les branches) et même une fois arrivé sur l’astéroïde, celui-ci a de petits airs d’Armageddon. Et comme forcément le film en question était loin de représenter un label de qualité, on vous imagine déjà trembler en haussant les sourcils… Ouf, passé ces moments familiers l’intrigue évolue dans une direction totalement différente. Car les américains ne sont pas les premiers à se poser. Disons même que les humains ne sont pas les premiers occupants de l’endroit. Il y a un gigantesque trou béant, quelqu’un (ou quelque chose) a déjà commencé de forer. Comme Station chez Boom!, Zero-G joue la carte de l’astronaute piégé à des lustres de la Terre, qui doit à la fois remplir sa mission, faire face à des saboteurs inconnus mais aussi à de sinistres créatures et, si possible, survivre en cours de route. Un des plus de ce comic-book est la présence de Jason Badower aux dessins. Ce n’est pas spécialement un vétéran et il n’a sans doute pas encore donné le meilleur de lui-même mais par certains moments son rendu fait un peu penser à celui d’un J.G. Jones jeune. Bien sûr Zero-G joue sur toutes les ficelles auxquelles le cinéma nous a déjà habitué depuis longtemps (l’ex-petite amie, le financier imbécile et irresponsable…) mais en tant que comic de genre, il tire assez bien son épingle du jeu…

[Xavier Fournier]