punwarj017.jpg[FRENCH] Mine de rien Matt Fraction a trouvé le moyen de détourner une des deux séries du Punisher pour en faire un titre où l’on parle des bas-fonds de l’univers Marvel. Ou comment faire un Modok’s Eleven ou Super-Villain Team-Up sans en avoir l’air, tout en profitant de la notoriété d’un personnage bien connu. En temps normal on s’offusquerait d’un tel détournement. Mais c’est si agréable à lire…

Punisher War Journal #17 [Marvel]

Scénario de Matt Fraction
Dessins de Howard Chaykin

Sortie américaine le 5 mars 2008

Les monomaniaques du Punisher en seront quitte pour lire à un mois d’écart deux épisodes où l’on ne voit guère Frank Castle (bien que dans les deux cas son intervention soit déterminante). Ce n’est pas la première fois que Matt Fraction utilise cette technique (on se souviendra du triste sort du Bar Sans Nom) et il n’est toujours pas en panne d’inspiration même si dans le cas présent on aurait préféré que les deux numéros ne paraissent pas à la suite, pour avoir plus d’impact. A plus forte raison parce que si celui avec le Gibbon et Princess Python était excellent le mois dernier, celui-là est encore un cran au dessus mais je crains que certains lecteurs n’ayant pas eu leur dose de Punisher ne s’en aperçoivent pas.

Stuart Clarke est, pour les lecteurs de Punisher War Journal, un petit bonhomme malingre et blondinet. Fort en technologie, il est à contre-coeur l’expert en super-armement de Frank castle, ce dernier ne l’ayant épargné que parce qu’il pouvait lui servir. Mais pour les lecteurs plus anciens, Stuart Clarke est aussi Rampage, un méchant en armure qui, sans jamais avoir été du même niveau que Doctor Doom, a quand même affronté en d’autres temps Spider-Man, les Champions ou Wonder Man. A l’époque, il était brun et un tantinet plus formidable que l’actuel « assistant » du Punisher. Ce numéro permet de faire la jonction entre les deux portraits du personnage, à l’heure où son passé le rattrape.

Depuis le début, c’est l’alliance entre Castle et Clarke qui donne le ton de la série. On sait, clairement, ce que le Punisher a à y gagner. Bien sûr, Clarke y trouve un moyen de ne pas être mis à mort sur le champ mais en dehors de ça, on voyait mal ce qu’il pourrait en retirer d’autres. Cet épisode est magistralement scénarisé puisqu’il démontrer que Clarke n’a rien d’un enfant de choeur mais aussi ce qu’il a gagner à rester avec le Punisher. Le coup de téléphone que donne Clarke à la fin est à la fois simple tout en donnant lieu à un véritable retournement de situation. Matt Fraction continue d’écrire un Punisher aussi surexcité que Taz ou que Will le Coyote (ou Lobo ?), dont la seule apparition fait basculer le récit. Encore une réussite, pour peu, encore une fois, qu’on ne veuille pas à tout prix voir Frank Castle dans toutes les pages…

[Xavier Fournier]