marzvii5.jpg[FRENCH] Les Marvel Zombies sont-ils tous guéris ? Et si oui faut-il leur pardonner ? Alors que démarre ce dernier numéro, on pourrait croire que les problèmes que connaissent les personnages sont plutôt philosophiques et que l’action retombe. Mais ce n’est que le calme avant la tempête. Ces dernières pages vont relancer la machine de plus belle. Il y a des chances que certains de vos héros préférés y perdent encore plus de leur prestige!

Marvel Zombies II #5 [Marvel]

Scénario de Robert Kirkman
Dessin de Sean Phillips

Sortie américaine le 27 février 2008

Alors que l’épisode débute, les choses semblent être réglées. Les zombies ne connaissent plus la faim. Alors quoi ? Tout se finirait dans une sorte de happy end, dans une sorte de grand pardon général où il ne se resterait plus qu’à se demander si les assassins de mondes entiers peuvent être pardonnés ? Robert Kirkman aurait-il subitement décidé de verser dans une histoire où l’on ne fait plus que discuter ? Non, à défaut d’une « happy end », parlons d’un « happy start ». L’épisode démarre sur un espoir de paix. Après… disons que les choses ne se passent pas comme prévu et que le côté iconoclaste de Kirkman et Phillips revient au grand galop. Et encore heureux d’ailleurs puisque, soyons clair, c’est bien pour celà que cette série vaut le détour.

Il se trouve pas plus tard que ce week-end quelqu’un me parlait d’une scène « gore » dans un épisode de la JLA de Brad Meltzer et que je lui disais que – en dehors du fait que tout un chacun a droit à son propre avis – je comprenais mal comment on faisait souvent ce réflexe plutôt à des Meltzer ou à des Geoff Johns tandis que d’autres auteurs, eux, semblent avoir le droit d’écrire des pages de tripes à l’air sans que cela ne choque les mêmes lecteurs. Et bien dans ce dernier numéro du deuxième acte de Marvel Zombies, Robert Kirkman se lance dans une démonstration assez éclatante de ce genre de situation. Les masses ont pleurées sur le côté « spectaculaire » de la mort de Sue Dibny ? Et bien là les enfants vous allez en avoir pour votre argent puisqu’une partie du casting de la série y passe dans des scènes qu’on n’avait pas vu depuis les débuts de MZ. Et même encore quand Peter Parker bouffait sa tante et son épouse, les choses n’étaient sans doute pas aussi graphiques que dans ce numéro. Là, Kirkman et Phillips s’éclatent comme des malades. Des torses sont empalés, des visages explosés, des corps réduits au rang de pulpe pourrie…

On n’a pas vu les super-légendes de Marvel expédiées de manière si « pourrie » depuis le Ruins de Warren Ellis et le contrat « iconoclaste » évoqué plus haut est donc largement rempli. Pour autant, tout ne se termine pas dans une sorte de grande mort générale (il faut bien qu’il reste des gens pour creuser des tombes) et certains personnages tiennent le coup jusqu’à la conclusion, qui amène un nouveau virage. Car en fait de « conclusion », on a surtout une fin ouverte. Après le succès des précédents opus, c’était logique, il aurait été « non-commercial » d’en rester là. Marvel Zombies II s’achève donc sur un point d’interrogation qui ne peut évoquer que la venue d’une troisième mini. Marvel semble bien parti pour continuer jusqu’à la série de trop. Pour l’instant, ne boudons pas notre plaisir: ce MZ II#5 reste un spectaculaire exercice de provo. Bien sûr, si le dessin d’un doigt cassé ou d’un peu de sang coagulé vous fait reculer, il vous restera toujours quelques vieux comics de Bisounours à trouver sur Ebay…

[Xavier Fournier]