[FRENCH] On a beau être l’Etat le plus avancé du monde, avoir trois siècles d’avance sur le reste de la planète, on n’en est pas moins concerné par l’Invasion Secrète ! T’Challa, Storm et leurs compatriotes ont découvert cette cruelle réalité et c’est maintenant l’heure de l’affrontement. Toute technologie ayant été désactivée en début de bataille, c’est l’heure du « mano a mano » entre le roi panthère et un Super-Skrull conçu exprès pour ce combat. Let’s get ready to ruuuuuuuuuuumble !

Black Panther #40 [Marvel] Scénario de Jason Aaron
Dessin de Jefte Palo
Sortie américaine le 27 août 2008

A lire ce résumé, on se dit que cet épisode de Black Panther sera assez basique – de la grosse castagne dans la plus pure tradition. Résultat des courses : oui, c’est exactement ça. Mais qu’est-ce que ça fait du bien, quand c’est aussi bien mené ! Pour être honnête, le travail de Reginald Hudlin m’a assez vite dégoûté de Black Panther – nonobstant la présence de Romita Jr, c’est dire – et je ne lis donc pas la série. Mes collègues m’ayant indiqué le changement d’équipe créative, j’ai décidé de redonner sa chance au titre et n’ai pas été déçu du voyage !

Le dessinateur Jefte Palo nous livre sa version de « 300 », ni plus ni moins. Ceux qui se souviennent de ma chronique sur « X-Force : Ain’t no dog » se rappelleront peut-être à quel point son travail m’avait enthousiasmé. Il confirme ici tout le bien que je pouvais en penser. Personnel et inspiré, tout en restant toujours lisible, il chorégraphie l’affrontement entre le Super-Skrull et Black Panther avec maestria, adoptant une mise en page à des années-lumière de celle du one-shot précédemment évoqué. En effet, ledit one-shot consistait essentiellement en Wolvie découpant des dizaines de mafieux et la scénographie faisait la part belle à la confusion et aux gerbes de sang. Ici, les deux combattants sont quasi seuls au monde (même si le scénario de Jason Aaron n’oublie pas que, autour, la guerre fait rage) et le lecteur peut sentir la violence de chaque coup porté. Si j’osais, j’évoquerais bien l’ombre du combat Daredevil/Kingpin tel que chorégraphié par David Mazzucheli dans « Daredevil : Born again » – les connaisseurs mesureront la portée du compliment…

Les aplats de noir de Palo rendent quasi superflues les somptueuses couleurs de Lee Loughridge. « Quasi », parce qu’il est évident que ce duo a de l’avenir tant il est cohérent, et tout en élégance. De son côté, Aaron ne démérite pas. Son histoire est simple mais bien menée, et les dialogues habillent l’ensemble avec classe, sans jamais surcharger les planches. En un mot comme en cent, j’espère que cette nouvelle équipe restera un moment sur le titre, qui, s’il continue sur cette lancée, risque fort d’être une des bonnes surprises de l’année.

[Antoine Maurel]