capa036.jpg[FRENCH] Le nouveau Cap est lâché dans la nature et on ne peut pas dire que ses méthodes soient les mêmes. En tout cas ses ennemis rentrent au bercail dans un bien plus mauvais état que du temps de l’ancien Cap. Pourtant, la nouvelle a l’air de bien faire rire le Crâne Rouge. Y-aurait-il une ironie qui échapperait même au lecteur ? Des intrigues prévisibles chez un autre sont là racontées avec punch grâce au talent de Brubaker…

Sortie américaine le 19/03/2008
Scénario d’Ed Brubaker
Dessins de Jackson Guice & Mike Perkins

Oui, Brubaker, Guice et Perkins continuent d’exceller dans cette grande saga qui tourne autant autour de la présence du nouveau Captain America que de l’absence de l’ancien. Cependant il faut bien dire que certains signes avant-coureurs tendent à montrer une certaine répétitivité ou un comportement cyclique de certains personnages. J’ai l’impression d’avoir vu 15 fois Tony Stark dans son bureau dans des circonstances similaires, 15 fois le Red Skull se vantant de son plan en regardant les événements à la TV… Et je ne suis pas très sûr de la qualité de l’interprétation de Black Widow, renvoyée au rang de midinette amourachée de Bucky (je ne sais pas vous mais la Natasha de Brubaker me fait furieusement penser à une copie conforme de sa Sharon Carter). Les auteurs seraient bien inspirés de faire intervenir rapidement une sorte de « facteur X » pour déstabiliser un peu la routine. Mais il semble bien, si l’on en croit la dernière scène, que justement quelque chose se prépare dans ce sens.

Le gros de l’épisode constite en un combat entre Captain America et la Serpent Society. Si le New Cap est d’abord en passe d’échouer, sa pratique des armes à feu fait basculer le résultat des courses. Techniquement on ne peut pas vraiment dire que Cap soit victorieux mais il renvoit ses ennemis dans un sale état… D’ailleurs il sera intéressant de voir dans les prochains épisodes comment va faire le Red Skull privé de certains de ses principaux agents.

La partie la plus prévisible de l’épisode réside dans une scène où le New Cap, bien sûr, se lamente de ne pas être l’ancien. Pour ma part (et j’imagine comme beaucoup de lecteurs) j’ai quand même l’impression que Steve Rogers finira par revenir prendre son post (au plus tard d’ici le 50) et je serais quand même plus intéressé par voir ce nouveau Cap laisser sa marque, agîr (comme il l’a fait dans le combat), plutôt que s’autopunir pour ne pas être à la hauteur. Tous le monde sait qu’il n’est pas la hauteur (lecteurs, autres personnages). C’est une chose entendue. Maintenant il serait plus intéressant d’établir des méthodes propres.

Si le cliffhanger final fera sans doute beaucoup parler, la réaction du Red Skull quand il réalise qui est le New Cap m’intrigue particulièrement. Tout comme la position de Stark, obligé de « couvrir » son allié et versant, en un sens, dans la clandestinité qu’il reproche aux autres. La situation mériterait d’être explorée, dommage que Brubaker n’écrive pas par ailleurs les aventures d’Iron Man. Une nouvelle très bonne livraison de Bru et sa bande, malgré ces réserves qui sont plus « prospectives » qu’autre chose.

[Xavier Fournier]