Batman vient à peine d’assembler sa nouvelle Justice League of America qu’elle est mise à l’épreuve du feu, via l’arrivée sur Terre des Extremists… dont les lecteurs de longue date de Justice League International se souviendront. Il s’agit un groupe pastichant certains des plus grands super-vilains de Marvel. Contre des homologues de Doctor Doom, Magneto ou Sabretooth, quelles sont les chances d’une équipe à peine formée ?

Justice League Of America #1 [DC Comics]
Scénario de Steve Orlando
Dessins d’Ivan Reis
Parution aux USA le 22 février 2017

Après Justice League vs. Suicide Squad et le numéro spécial Rebirth, la nouvelle Justice League Of America prend ses marques, mais toujours avec les mêmes problèmes structuraux. C’est à dire que Batman justifie à qui veut l’entendre que la raison d’exister de sa JLA est de donner aux humains des héros plus proches d’eux. Va pour Vixen ou même Black Canary, mais on se demande toujours en quoi The Ray, Killer Frost ou Lobo sont plus proches des simples mortels que Flash ou les Green Lanterns. Par contre, à l’inverse, Orlando s’applique à travailler les motivations des uns et des autres pour suivre Batman. Dans le cas de Lobo, le mercenaire découvre que finalement jouer les héros est une bonne manière de lutter contre l’ennui. Reste que le groupe toute entier (à l’exception notable de Killer Frost, pour qui c’est une seconde chance) semble avoir pour occupation principale de douter du bien-fondé du projet. Il faut dire que Batman n’y met pas du sien non plus, en ne semblant pas se dire qu’avant de régler des questions d’intendance (comme la mise au point de l’alarme) il serait peut-être bon que tout ce petit monde s’entraine ensemble… Là, certains sont des débutants (The Ray, Atom…) au point qu’on aurait envie de leur dessiner une cible dessus…

« You want to make an example of someone? Take me. »

Il est bien évident que la Justice League Of America ne peut surgir directement à un stade où elle serait déjà opérationnelle. Il faut d’abord passer par des étapes de progression. Mais on a quand même la sensation que Steve Orlando marche à tâtons. Ou tout au moins il trébuche sur certains éléments du cahier des charges, sur les figures imposées (faire cohabiter coute que coute tel ou tel personnage, même si cela ne va pas dans le sens de sa nature). C’est le dessin d’Ivan Reis qui tient à bout de bras l’ambiance, à plus forte raison parce que Reis est passé par Multiversity il y a quelques temps et que sa présence est donc à la fois naturelle et bienvenue pour faire évoluer des personnages tels que Lord Havok et ses Extremists. Ce sont ces derniers qui, finalement, donnent le nerf de l’épisode puisqu’ils ne doutent pas, eux, et fonctionnent selon leur nature. On peut pressentir que c’est leur présence qui forcera les Justice Leaguers à progresser au plus vite.

[Xavier Fournier]