Avant-Première VO : Review Poe #1[FRENCH] Edgar Allan Poe ? Ça vous dit quelque chose ? Non cet auteur illustre, pionnier du mystère et du fantastique, n’a pas signé un méga-contrat d’exclusivité avec Boom Studios puisqu’il est décédé il y a 160 ans. Au contraire voici qu’il devient lui-même le héros d’un comic-book qui donne le beau rôle à l’Etrange…

Poe #1 [Boom] Scénario de J. Barton Mitchell
Dessin de Dean Kotz
Sortie américaine juillet 2009.

Poe #1Cette semaine les gens de Boom ne se sont pas *contenté* de nous faire parvenir leurs titres de la semaine à venir (ce qui n’est déjà pas mal en soi) mais aussi ce Poe #1 qui lui ne sera diffusé qu’en juillet prochain. Une telle avance démontre que l’éditeur considère la série comme importante. Néanmoins peut-être n’est-ce pas le meilleur service à lui rendre que nous le présenter comme « une aventure surnaturelle dans la veine d’Hellboy » comme j’ai pu le voir sur certains communiqués de Boom. D’abord parce que c’est un peu le monde à l’envers, qu’il serait sans doute plus juste de dire que sans « LE » Edgar Allan Poe nous n’aurions pas eu d’Hellboy tant le Poe est un peu l’arrière grand-père d’un genre.. Ensuite parce que mentionner Hellboy c’est aussi évoquer toute une atmosphère graphique et, même si Dean Kotz est ici un dessinateur très intéressant, on ne peut pas dire qu’il appartient à la même école que Mignola. Passées ces petites réserves (et finalement elles concernent assez le marketing autour du titre plus que le titre en lui-même), Poe, le comic-book est une expérience intéressante…

L’histoire se déroule dans les dernières années de la vie de l’auteur, juste après qu’il ait perdu son épouse et, visiblement, l’inspiration. Ne vous attendez pas à une sorte de « biopic » dessiné puisque le scénario ferme les yeux assez pudiquement sur le fait que la femme en question était sa cousine et qu’il l’avait épousé à l’âge de treize ans, Poe étant sur ce plan-là un peu le Jerry Lee Lewis de son époque. Non, le récit se concentre sur un Poe reclus qui est possédé par des visions sans doute générées par le chagrin. Dès lors il lui est impossible de rester seul dans une pièce sans voir (ou imaginer ?) les morts qui ont pu s’y dérouler. Edgar est devenu malgré lui une sorte de médium, plus ou moins à la charge de son frère. Seulement ce dernier est par ailleurs policier. Et le soir où, accompagné par Edgar, il est appelé sur une scène de crime, une dynamique se met en place. A partir de là « Poe » devient une sorte de mélange entre Sherlock Holmes ou les séries TV « Monk », « Medium » ou « Ghost Whisperer » (encore que le dialogue avec les morts soit inexistant) pour un résultat qui n’est pas du tout déplaisant. Dean Kotz n’est pas Mignola, disais-je, mais en même temps qui l’est en dehors de Mignola lui-même ? Non, le style de Kotz serait plutôt de la même école qu’un Tom Mandrake ce qui, pour cette atmosphère particulière, n’est pas une mauvaise chose. « Poe » commence donc plutôt bien et on est curieux de voir où la série va nous emmener…

[Xavier Fournier]